Peer Gynt, suite n° 1
Edvard GRIEG
1843-1907
Formé en Allemagne, comme beaucoup de musiciens de l’époque, Grieg s’efforce d’intégrer à son langage de forts éléments nationaux et à l’en débarrasser des influences germaniques, notamment à l’aide du folklore et des contes et légendes de son pays. C’est justement d’une inspiration littéraire qu’est née la Suite n° 1 de Peer Gynt, plus précisément de la pièce éponyme du grand auteur dramatique Henrik Ibsen, donnée en février 1876 et pour laquelle le compositeur signe la musique de scène. L’histoire raconte les péripéties et les tribulations de Peer Gynt, un jeune fanfaron qui tente de fuir la réalité autant par une vie idéalisée que par le mensonge. Des 26 numéros composés pour la pièce, Grieg en extrait quatre pour réaliser une première suite en 1888, puis quatre autres dans une seconde suite publiée quelques années plus tard. À elles seules, elles assureront au compositeur une célébrité mondiale.
Intitulé Au matin, le premier mouvement se déroule au Maroc, où Peer Gynt a fait fortune comme marchand d’esclaves, mais c’est plutôt une lumière nordique que la musique évoque. La mort d’Åse est un poignant épisode qui accompagne la mort de la mère du héros, à la suite de laquelle ce dernier quitte la Norvège. La Danse d’Anitra évoque un épisode lors duquel Peer Gynt, ruiné, est invité par un cheikh à se rendre en Arabie, puis est séduit par la belle Anitra qui le dépouille du peu qui lui reste. Très accrocheur, Dans l’antre du roi de la montagne, qui conclut la suite, voit notre héros conduit devant le trône du roi des montagnes du Dovre, dans un univers peuplé de trolls et de démons.
© François Zeitouni, 2026