Cet « enfant terrible de la musique anglaise » fut largement autodidacte, mis à part sa formation comme choriste et étudiant au collège Christ Church d’Oxford. C’est au contact de musiciens tels que Busoni, Ansermet, Berg et Schoenberg qu’il affine son métier de compositeur. En 1923, il fait scandale avec Façade, une œuvre pour récitant et orchestre sur des textes d’Edith Sitwell. Sa vaste production touche à tous les genres, de l’opéra à la musique de chambre en passant par le cinéma.
C’est à la suggestion du chef Thomas Beecham que Walton compose en 1928 son Concerto pour alto et orchestre. La partition est destinée à l’origine au grand altiste anglais Lionel Tertis, dont le jeu inspira de nombreux créateurs. Rebuté par sa modernité, Tertis la rejette; il regrettera amèrement sa décision et jouera par la suite le concerto à de nombreuses reprises. Walton le propose alors à Paul Hindemith, compositeur réputé et altiste chevronné, qui accepte d’en donner la première exécution. Celle-ci a lieu le 3 octobre 1929 au Queen’s Hall de Londres, sous la direction de Walton, dans le cadre des Promenade Concerts (les fameux Proms).
D’un ton assez dramatique qui exploite les sonorités graves et chaleureuses de l’alto, l’œuvre s’ouvre sur un mouvement lent (Andante comodo) d’un caractère mélancolique, où le thème principal est présenté sous divers éclairages, souvent en dialogue avec l’orchestre. Aérien, le morceau central (Vivo, e molto preciso) est énergique et exploite à la fois la virtuosité du soliste et celle de l’orchestre dans un langage qui n’est pas sans rappeler Hindemith. Plus développé, le troisième mouvement présente d’abord un thème assez dansant introduit par le basson, puis les thèmes issus de l’Andante refont surface, ramenant l’atmosphère élégiaque du début de l’œuvre. Un magnifique épilogue, où le compositeur superpose les différents thèmes, mène à une conclusion dépouillée et recueillie.