Valse de Méphisto n° 1
Franz LISZT
1811-1886
Une valse endiablée
La gloire qu’a connue Franz Liszt comme pianiste a quelque peu éclipsé dans l’œil du grand public son apport considérable à l’univers de la musique symphonique. C’est en 1848 que, las de la vie de virtuose itinérant, le compositeur hongrois s’installe à Weimar en qualité de Kappelmeister du grand-duc de cette cité allemande. C’est de cette époque d’intenses explorations orchestrales que datent la Faust-Symphonie, la Dante-Symphonie, Prométhée et Les Préludes. Fasciné par le mythe de Faust, Liszt s’en inspire non seulement dans sa Faust-Symphonie, mais également dans sa Sonate en si mineur et dans les quatre Valses de Méphisto.
La première Valse de Méphisto, composée en 1859-62, s’inspire d’un épisode du Faust de Nicolas Lenau (1836) sous-titré « Danse à l’auberge du village ». Liszt cite en exergue le texte de Lenau, que sa musique illustre de manière dramatique, virtuose et sensuelle :
« Dans une auberge villageoise, un banquet de mariage a lieu avec musique, danses et libations. Méphistophélès, passant devant avec Faust, pousse celui-ci à participer aux festivités. Le diable attrape un violon des mains d’un violoneux endormi et en tire une étrange mélodie séduisante et envoûtante. Amoureux, Faust tourbillonne dans la salle aux bras d’une belle et plutôt gironde villageoise dans une danse effrénée ; s’abandonnant l’un et l’autre, ils valsent jusque dans la forêt. Le son du violon devient de plus en plus ténu, un rossignol entonnant une chanson emplie d’amour ».
Liszt fit une version pour piano solo de cette valse. D’une difficulté diabolique, elle devint rapidement un cheval de bataille des grands virtuoses.