Une nuit sur le mont Chauve

Modeste MOUSSORGSKI

1839-1881

Une montagne maléfique 

D’une grande puissance évocatrice, le poème symphonique Une nuit sur le mont Chauve semble destiné à susciter l’épouvante, à tel point que Walt Disney l’intégra dans son célèbre film d’animation Fantasia (1940). Composé en douze jours en 1867, il puise son inspiration dans une nouvelle de Nicolas Gogol, La Nuit de la Saint-Jean. Modeste Moussorgski a également été impressionné par la pièce de théâtre La Sorcière de Georgy Mengden, au point de consulter par la suite des ouvrages de sorcellerie pour exciter son imagination.   

Le poème symphonique est divisé en quatre sections portant les titres suivants :  

  1. Réunion des sorcières, leurs discussions et leurs commérages
  2. Cortège de Satan
  3. Glorification maléfique de Satan (messe noire)
  4. Sabbat

Fidèle à sa volonté d’illustrer l’action par des procédés orchestraux, le compositeur rivalise de hardiesses harmoniques et d’effets qui suggèrent les cris diaboliques, l’agitation et l’atmosphère infernale. Vertement critiquée, notamment par Mili Balakirev, mentor de Moussorgski, l’œuvre ne fut jamais publiée. En 1886, Nikolaï Rimski-Korsakov en fit un arrangement qui connut un grand succès et contribua à la faire connaître dans le monde entier. C’est cette version qui est encore la plus jouée de nos jours, bien que la version originale, plus rude et peut-être plus authentiquement russe, a refait surface depuis.