Sonate pour flûte et piano (orch. Lennox Berkeley)

Poulenc

1899 – 1963

Francis Poulenc commence l’étude du piano à l’âge de cinq ans, avant d’être pris en charge par le pianiste Ricardo Viñes. Au-delà des cours de composition de Charles Koechlin, il cultivera toujours un esprit indépendant, contre tous les excès, fait de tendre ironie et de naturel, tant dans l’invention mélodique que dans le raffinement harmonique. Sa musique de chambre, peu abondante, montre sa prédilection pour les vents, plus proches selon lui de la voix humaine.

Poulenc songeait depuis 1952 à écrire une sonate pour la flûte, et c’est une commande de la Bibliothèque du Congrès américain à la mémoire de la mécène Elizabeth Sprague Coolidge qui en fut l’occasion. Terminée à Cannes en 1957, elle remporte aussitôt un immense succès – le compositeur britannique Lennox Berkeley orchestrera magnifiquement en 1976 sa partie de piano – et un critique statuera : « Du meilleur Poulenc, et même un peu mieux […] dans la grande tradition française, celle qui va de Couperin à Debussy. » Son premier mouvement exploite une idée chromatique descendante dans un climat élégiaque où perce un brin de mélancolie. Avec son thème poignant, la Cantilena qui suit exploite les qualités vocales de la flûte, et un entraînant Presto giocoso, que Poulenc demande de jouer le plus vite possible, termine cette œuvre majeure du répertoire de flûte du XXe siècle.

© François Filiatrault 2022