Ma Mère l’Oye, suite

Maurice RAVEL

1875-1937

Bien qu'il ne se mariât pas et n'eût jamais d'enfant, Maurice Ravel conserva toute sa vie une fascination pour le monde de l'enfance, peut-être en souvenir de la sienne, heureuse, et de l'attachement qu'il eut toute sa vie envers sa mère.

Cet univers trouve une expression particulièrement touchante dans sa fantaisie lyrique L’Enfant et les sortilèges et dans la suite Ma Mère l’Oye. Cette dernière, composée entre 1908 et 1910, fut d’abord conçue comme une suite de cinq morceaux pour piano à quatre mains que le compositeur dédia à Mimi et Jean, les enfants d’un couple de grands amis, Ida et Cipa Godebski.

Comme son titre l’indique, Ma Mère l’Oye est inspirée des contes de fées français du 18e siècle, plus précisément de ceux de Charles Perrault, de la baronne d’Aulnoy et de Madame Leprince de Beaumont. La suite est créée le 20 avril 1910 à la salle Gaveau, par Jeanne Leleu et Geneviève Duroy (âgées respectivement de 11 et 14 ans), lors du concert inaugural de la Société musicale indépendante. Le compositeur en fit une version orchestrale en 1911, celle que nous entendons aujourd’hui, puis, l’année suivante, y ajouta des interludes pour en faire un ballet qui sera dansé au Théâtre des Arts.

© François Zeitouni