Concerto en fa
George GERSHWIN
1898-1937
C’est à la suite du succès remporté par Rhapsody in Blue en 1924 que Gershwin reçoit la commande du Concerto en fa pour piano et orchestre par l’Orchestre symphonique de New York et son chef Walter Damrosch. L’œuvre est composée au cours de l’été 1925 alors que le compositeur profite d’un moment de solitude en villégiature à Chautauqua, dans l’état de New York. Contrairement à Rhapsody in Blue, Gershwin en réalise lui-même l’orchestration. Cela représente une étape importante dans son cheminement musical, lui qui souhaite depuis longtemps être reconnu comme un compositeur de musique « sérieuse ». Créée le 3 décembre 1925 au Carnegie Hall avec Gershwin au piano et jouée dans de nombreuses villes par la suite, l’œuvre est accueillie chaleureusement par le public. Elle déconcerte toutefois certains critiques qui ne savent dans quelle catégorie la classer : classique ou jazz ? Peut-être les deux à la fois !
Conçu comme un concerto traditionnel en trois parties, le Concerto en fa commence par un mouvement très fortement marqué par un rythme de charleston au style martelé. Le compositeur le décrit comme rapide et palpitant, à l’image de l’esprit jeune et enthousiaste de l’Amérique. Baigné d’une atmosphère nocturne, le second mouvement est un blues, introduit par un trio de clarinettes qui accompagne un solo de trompette bouchée. Qualifié « d’orgie de rythmes » par le compositeur, le troisième mouvement retrouve le caractère palpitant du premier, avec en plus des formules de notes répétées proches de la toccata qui traversent le morceau entier, le menant à une conclusion excitante.
© François Zeitouni, 2026