Pelléas et Mélisandre, suite (Seulement dans les arrondissements)

Gabriel FAURÉ

1845-1924

La création en 1893 du drame symboliste Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck a eu un grand retentissement non seulement dans le monde de la dramaturgie et de la littérature, mais également dans celui de la musique.

Outre le chef-d’œuvre lyrique de Debussy, la pièce inspira des créateurs aussi divers que Schoenberg, Sibelius, Bonis et Fauré. C’est après avoir assisté à une représentation londonienne de la pièce que, enthousiasmée, l’actrice Beatrice Stella Tanner (Mrs Patrick Campbell) élabore le projet d’en présenter une version anglaise accompagnée d’une musique de scène. Elle s’adresse tout d’abord à Debussy (qui est en train d’écrire son opéra), mais ce dernier refuse. Puis, elle se tourne vers Gabriel Fauré, qui accepte malgré un agenda chargé. Par la suite, le compositeur en tire une suite pour orchestre qui est créée aux Concerts Lamoureux le 3 février 1901. 

Rempli de mélancolie et d’un certain mystère, le Prélude installe merveilleusement l’atmosphère du début de la pièce : seule dans la forêt, Mélisande pleure alors que retentit au loin le cor de Golaud, qui va bientôt faire sa rencontre. Dans la Fileuse, une délicate mélodie jouée au hautbois se dessine sur un mouvement perpétuel des cordes, évoquant irrésistiblement le mouvement du rouet. La Sicilienne suggère quant à elle un moment heureux et innocent entre Pelléas et Mélisande avant que n’éclate le drame. Sombre et recueillie, La Mort de Mélisande est une lente marche funèbre aux accents poignants, qui fut d’ailleurs jouée lors des funérailles du compositeur en 1924.  

© François Zeitouni