Symphonie n° 4
Ludwig Van BEETHOVEN
1770-1827
Une symphonie éclair
La Symphonie no 4, tout comme la Huitième, souffre quelque peu d’être placée entre deux symphonies de taille. Robert Schumann disait d’ailleurs que la 4e Symphonie était « une mince fille de Grèce entre deux géants nordiques ».
Elle se démarque toutefois dans la production symphonique de Beethoven à deux égards. D’abord, sa composition en 1806 a été très rapide, puis elle a été écrite en réponse à une commande, contexte très rare dans la carrière de Beethoven.
À l’été 1806, Beethoven séjourne en Silésie chez son principal mécène, le prince Lichnowsky. Il se lie alors d’amitié avec une connaissance du prince, le comte Franz von Oppersdorff, un fervent amateur de musique qui entretient un orchestre privé dans son château. Oppersdorf offre à Beethoven un généreux montant pour la composition d’une nouvelle symphonie. Le compositeur s’y met dès son retour à Vienne, interrompant ainsi la composition de la Symphonie no 5, et, en quelques semaines à peine, il termine la Quatrième. Si cette pratique était courante chez Haydn ou Mozart, qui composaient presque toujours pour répondre à des commandes pressantes, elle est exceptionnelle chez Beethoven. L’orchestre employé est d’ailleurs le plus réduit de toutes les symphonies afin de correspondre aux effectifs dont disposait le commanditaire.
L’Allegro vivace brillant est précédé d’une longue et mystérieuse introduction Adagio, écrite en mineur. Lyrique et méditatif, l’Adagio suivant domine la symphonie. Dès les premières mesures, la mélodie est accompagnée d’une incessante pulsation rythmique, à la manière d’un cœur qui bat. Beethoven confie au scherzo marqué Allegro non pas un, mais deux trios*. Le pétillant Allegro ma non troppo final pétillant démarre par un fourmillement ininterrompu de doubles-croches aux cordes, mouvement perpétuel qui imprègne l’ensemble du mouvement.