Symphonie n° 2
Ludwig Van BEETHOVEN
1770-1827
Beethoven est âgé de 22 ans lorsqu’il emménage à Vienne, la capitale autrichienne, en 1792. Sa réputation comme pianiste ne tarde pas à s’installer : il est rapidement considéré comme le plus grand pianiste et improvisateur de tous les temps. Il arrive également à faire croître sa réputation de compositeur. Moins de dix ans après son arrivée à Vienne, il a complété quinze sonates, deux concertos pour piano et une première symphonie.
Malheureusement, son audition, elle, commence à péricliter dès 1797. Son état ne l’empêche toutefois pas de composer : « Je vis entièrement dans les notes. À peine une composition terminée, une autre est déjà commencée. À l’allure où je travaille à présent, j’écris souvent trois ou quatre compositions à la fois », écrit-il. C’est durant cette période intense qu’il s’attaque à sa seconde symphonie, immédiatement après la première de la Symphonie no 1.
Ancrée dans la tradition de Haydn et de Mozart, la Symphonie no 2 conserve l’humeur joyeuse de la précédente. L’orchestration est typique de la période classique : cordes, bois par deux, deux cors, deux trompettes et deux timbales. Elle se décline en quatre mouvements, comme le veut la tradition. Pourtant, on y retrouve déjà des éléments du style beethovénien qui seront davantage développés au cours des symphonies à venir : des contrastes dynamiques, des modulations (changement de tonalité) surprenantes, un mouvement propulsif…
Malgré son appartenance à l’esthétique classique, la 2e Symphonie ne manque pas de déranger lors de sa première en 1803. On la traite de « monstre mal dégrossi » et on la compare à un « dragon transpercé qui se débat et qui ne veut pas mourir ». Beethoven est apparemment trop novateur pour le monde musical de l’époque! En 1806, le compositeur réalise lui-même une transposition de la Symphonie no. 2 pour piano, violon et violoncelle qui contribuera à la diffusion et à une meilleure compréhension de l’œuvre.
Typique des symphonies de Haydn, le premier mouvement débute par un Adagio molto, vaste introduction lente. L’Allegro bon brio adopte la traditionnelle forme sonate*. Le premier thème est bâti sur un motif rythmique d’une note longue, suivie de quatre notes brèves. Ce motif sera à la base de tout le mouvement. Les contrastes marqués entre les nuances piano et fortissimo, tout comme la succession de szforzandos*, sont typiquement beethovéniens.
Le second mouvement est un Larghetto, lui aussi de forme sonate. Son caractère rêveur, serein, ainsi que l’absence de trompettes et de timbales en renforcent la tendresse.
Le troisième mouvement, que Beethoven nomme pour la première fois Scherzo alors que la tradition voulait auparavant que ce mouvement soit un menuet, regorge aussi des contrastes si chers au compositeur. Le compositeur réserve toutefois la grande surprise pour l’Allegro molto final : une coda exceptionnellement longue, avec un développement terminal*, qui allonge d’un tiers la durée du mouvement! Très critiquée lors de la première, cette nouveauté deviendra l’une des caractéristiques du style beethovénien.