Royal Fireworks Music, Ouverture et La Paix
Georg Friedrich HANDEL
1685-1759
Nous faisons alors la connaissance d’Orlando, un jeune adolescent dont l’âme est « faite de deux forces, féminine et masculine. Deux forces égales. Dont seule la coexistence pouvait permettre la création.» Le jeune poète, émerveillé devant la nature et les émotions humaines, amarre son cœur à un grand chêne.
Il fera bientôt la rencontre d’une des personnes le plus importantes de sa très longue vie, la reine Élizabeth 1re. Pour planter le décor de la cour royale, c’est la musique de Händel qui résonne, sa célèbre suite orchestrale Royal Fireworks. On fait ici ne légère entorse à l’histoire, le compositeur ayant fait son entrée à la cour d’Angleterre plus d’un siècle après la fin du règne de la Reine. Mais cette musique passée à l’histoire illustre à merveille les rapports de pouvoir qui déterminaient la création et l’emprise que la royauté pouvait avoir sur la production artistique.
En effet, l’œuvre étant une commande du roi George II, Händel avait été contraint d’écrire pour instruments à vent et percussions seulement, contre son gré. Sa Majesté préférait qu’il n’y ait que des instruments martiaux. Le compositeur a donc dû se plier à la volonté de son roi, mais a plus tard réorchestré ses Royal Fireworks pour orchestre entier. C’est cette version qui a été choisie pour ce concert.
Comme elle a soutenu la carrière de si nombreux musiciens et compositeurs, la reine Élizabeth prend le jeune Orlando sous son aile. Elle lui accorde des terres, le fait entrer à sa cour, lui évite l’armée et la guerre pour le garder auprès d’elle. Se sentant trahie par les hommes, «ceux dont la seule qualification est de n’être pas né femme », elle se meurt pendant l’hiver le plus rude que Londres ait jamais connu, pendant un carnaval grandiose qu’elle a elle-même organisé.