Concerto pour deux violons

Johann Sebastian BACH

1685-1750

En 1717, Johann Sebastian Bach est nommé Kappelmeister (maître de chapelle) du prince Leopold d’Anhalt-Köthen ; les six années qu'il va passer à son service seront des plus fécondes sur le plan artistique. La cour étant d'obédience calviniste, Bach n'est pas tenu de composer de la musique religieuse et va se consacrer exclusivement à la musique instrumentale. Féru de musique italienne, le prince Leopold joue assez bien de la viole de gambe, du violon et du clavecin, et il entretient un orchestre au sein duquel il joue régulièrement. Plusieurs œuvres marquantes de Bach datent de ces années à Köthen : les Concertos brandebourgeois, les Suites pour orchestre, les Sonates et partitas pour violon seul, les Suites pour violoncelle seul, le premier cahier du Clavier bien tempéré et le Concerto pour deux violons, BWV 1043, au programme de ce concert.

L’influence des compositeurs italiens y est manifeste, non seulement celle de Corelli, mais également celle de Vivaldi, dont on sait que Bach goûtait fort la musique puisqu’il a transcrit pour l’orgue et le clavecin bon nombre de ses concertos de violon.  Le Vivace* initial est construit comme un mouvement de concerto grosso. Dans les passages destinés aux solistes, les deux violons dialoguent sur le même pied dans un style contrapuntique* proche de la fugue, mais sans étalage de virtuosité. Au cœur de l’œuvre, le Largo* est imprégné d’un sentiment expressif et spirituel que l’on peut rapprocher de certains duos de cantates. Discret, l’orchestre se contente d’accompagner en accords l’intense prière des deux violons. Le final est lui aussi tributaire du contrepoint*, alors que les deux violons jouent continuellement en canon et en imitation. À deux reprises, ces derniers accompagnent en accords l’orchestre à qui sont confiés des éléments issus du thème.

© François Zeitouni