Concerto grosso op. 6 n° 4

Arcangelo CORELLI

1653-1713

Bien qu'il ne soit pas l'inventeur du genre, on qualifie souvent Arcangelo Corelli de père du concerto grosso. Cette forme musicale, qui a vu le jour en Italie au XVIIe siècle, a connu un grand succès en Europe et peut être considérée comme l’ancêtre de la symphonie et du concerto. Destiné à un orchestre à cordes, le concerto grosso est basé sur le principe du dialogue entre le concertino – un groupe de solistes habituellement composé de deux violons et d'un violoncelle auquel est parfois ajouté l'alto – et le ripieno – l'ensemble des cordes, incluant les solistes.

Né à Fusignano en 1653, Corelli reçoit sa formation à Bologne et à Rome, où il est influencé par les grands violonistes de l’époque, notamment de Giovanni Benvenuti et d’Alessandro Stradella. Après avoir voyagé et avoir brillé dans toute l’Europe, il se fixe à Rome, bénéficiant de la protection de riches mécènes, dont le cardinal Pamphili et la reine Christine de Suède. Musicien célèbre et prospère (sa musique, diffusée dans toute l’Europe, connaît un nombre record de réimpressions) et pédagogue respecté, il meurt dans la Ville éternelle en 1713. L’influence de Corelli se fait sentir chez de nombreux compositeurs. Pasquini, Scarlatti, Muffat, Händel, Bach et Couperin, entre autres, suivront ses traces.

Publiés à titre posthume en 1714 à Amsterdam, les douze Concerti grossi de l’opus 6 ont été composés à une époque incertaine, bien que certains d’entre eux étaient déjà joués au début des années 1680.

Écrit pour trois solistes, le Concerto no 4 commence par une introduction lente constituée d’accords entrecoupés de silences, cadre propice à l’improvisation. Suit un Allegro* vivant et joyeux, où l’écriture en imitation proche de la fugue permet un dialogue virtuose entre les deux violons. Un court Adagio* en accords répétés apporte une touche mélancolique dans cette œuvre joyeuse qui se conclut par deux mouvements rapides et dansants : le premier aux contretemps accentués, le second prenant l’aspect d’une gigue endiablée.

© François Zeitouni