Quand le don conjugue héritage et projet
Grand amateur de culture, Mario Lafond nourrit depuis plusieurs années un lien profond avec la musique et les institutions qui la portent.
Récemment, il a choisi de témoigner de cet attachement en soutenant l’Orchestre Métropolitain par un don au fonds de dotation et un legs testamentaire. Un engagement généreux et porteur de sens, qui témoigne d’un attachement profond à la musique et d’une volonté de contribuer durablement à l’avenir de l’Orchestre.
À travers cette entrevue, il revient sur son parcours et nous partage les convictions qui nourrissent son engagement envers la culture.
Y a-t-il un concert ou un spectacle qui a été un véritable déclencheur pour vous, un moment où vous avez compris que la culture occuperait toujours une place centrale dans votre vie ?
En 2003, lors d’une semaine de formation professionnelle à New York, j’ai profité de mes soirées pour assister à quelques spectacles, dont la comédie musicale The Phantom of the Opera. Ce fut un véritable déclencheur. Je l’ai d’ailleurs revue à plusieurs reprises au fil des ans. Mais surtout, cette première expérience m’a donné le goût de me déplacer pour assister à des spectacles et des concerts.
Quelle a été votre première rencontre avec l’OM, et qu’est-ce qui vous a séduit de ce premier concert ?
Je ne me souviens pas précisément de mon premier concert avec l’OM, mais c’était au début de la Maison symphonique. Ce qui m’avait particulièrement séduit, c’était la programmation. La cohérence et le choix des pièces au sein d’un même concert ont toujours été, à mes yeux, une grande force de l’OM.
Selon vous, pourquoi est-il important de soutenir la culture, et particulièrement un orchestre comme l’OM ?
La culture a toujours occupé une place importante dans ma vie ; il m’a donc semblé naturel de la soutenir. Au départ, je privilégiais les organismes qui semblaient moins soutenus par les instances gouvernementales. Avec le temps, mes choix se sont orientés vers des organisations dont les actions favorisent l’inclusion : l’accès à la culture pour les jeunes, les publics moins favorisés et une plus grande proximité avec la communauté.
L’OM s’inscrit pleinement dans cette vision, notamment par ses concerts extérieurs, son travail en milieu communautaire, son soutien à la jeunesse — à travers l’Académie de direction, le Tutti ou les classes de maître — et par ses prix concurrentiels, qui permettent à un large public de découvrir la musique symphonique.
Qu’est-ce que ce geste philanthropique symbolise pour vous, au-delà de l’aspect financier ?
C’est avant tout un geste humain. Une façon de redonner à des organismes qui m’ont offert, au fil des années, de précieux moments de bonheur et de ressourcement.
Dans mon parcours professionnel, je passais plusieurs jours par semaine à l’extérieur de la maison. Les concerts étaient alors un moyen de décrocher et de me recentrer. Aujourd’hui, malgré des enjeux de santé et même si je dois parfois parcourir plusieurs heures de route pour assister à un spectacle, ces moments demeurent essentiels. La musique m’apporte un équilibre mental et émotionnel incomparable.
Comment s’est déroulée votre réflexion autour de l’idée d’inclure un legs dans votre testament ?
Étant célibataire et sans enfant, j’ai réfléchi à la meilleure façon de structurer mon legs. J’ai donc choisi de le diviser en deux : une portion destinée à mes proches et une autre consacrée aux dons. Il était important pour moi que ce soutien se poursuive au-delà de mon décès.
La pérennité des dons est fondamentale à mes yeux. Donner une seule fois est bien, mais des dons réguliers permettent aux organismes de mieux planifier leur avenir. J’ai également souhaité en informer les organisations concernées, afin de favoriser une vision long terme.
Beaucoup de mélomanes aiment profondément l’OM, s’il y avait un premier pas que quelqu’un pourrait faire pour envisager un don, que leur diriez-vous?
Je crois qu’il faut commencer par un premier don, peu importe le montant. Je pense sincèrement que le premier don est le véritable déclencheur. Par la suite, l’envergure des dons augmentent naturellement à mesure que l’on constate l’impact concret de sa contribution.
Les programmes de reconnaissance sont aussi importants car, en plus de nous remercier, ils permettent de mieux comprendre à quoi servent nos dons.
Pour ma part, une fois rendu à la retraite, j’ai privilégié les dons récurrents et pluriannuels plutôt que les dons ponctuels.
Lorsque vous pensez à l’héritage que vous laissez, qu’est-ce qui compte le plus pour vous ?
La pérennité de l’œuvre. Il est essentiel qu’un orchestre comme l’Orchestre Métropolitain puisse continuer à travers le temps, tout en offrant des concerts de grande qualité.
Cela passe notamment par le renouvellement des publics : attirer les jeunes, rejoindre les personnes qui ne fréquentent que quelques concerts par saison, proposer une programmation équilibrée entre œuvres classiques et contemporaines. L’OM est particulièrement bien positionné à cet égard, et des initiatives comme le Tutti par exemple jouent un rôle clé dans ce renouvellement.
L’Orchestre Métropolitain tient à remercier chaleureusement Mario Lafond pour son engagement généreux et porteur, qui contribue à la pérennité de l’Orchestre.