Symphonie en ré majeur

Franck

1822 – 1890

Né en Belgique, César Franck a été l’un des principaux artisans du renouveau de la musique française vers la fin du XIXe siècle. Ses activités de professeur au Conservatoire de Paris et d’organiste à la basilique Sainte-Clotilde ne lui laissant que peu de répit, Franck composa assez peu, et ses chefs-d’œuvre datent des dernières années de sa vie. Son style musical offre une synthèse remarquable des langages baroque et romantique, et on y retrouve les influences de Bach, Beethoven, Liszt et Wagner. Franck était vénéré de ses disciples, tant pour son enseignement que pour un dévouement qui lui valut le surnom de pater seraphicus. Parmi ses élèves figurent Vierne, Chausson, Pierné, Duparc, Tournemire et, surtout, Vincent d’Indy (1851-1931). Soucieux de transmettre l’esprit franckiste, d’Indy fonda une nouvelle école de musique appelée Schola Cantorum que fréquenteront, entre autres, Roussel, Satie et Honegger.

Franck a complété son unique symphonie à peine deux ans avant sa mort. C’est une œuvre remarquable par la maîtrise de son écriture ainsi que par l’impression de puissance et de grandeur héroïque qu’elle dégage. Son architecture est à la fois traditionnelle et originale. Franck l’a conçue dans le respect du plan classique en quatre mouvements, mais il imbrique le mouvement lent et le scherzo l’un dans l’autre, de sorte que ces deux mouvements n’en font qu’un seul, avec une alternance de tempos. Ce mouvement central débute par un mélancolique solo de cor anglais. Le premier mouvement baigne dans une atmosphère sombre et dramatique, mais s’achève dans la lumière. Le finale déborde de joie et d’énergie. Franck y réutilise plusieurs des thèmes entendus dans les mouvements précédents, ce qui confère à la symphonie tout entière une forte impression d’unité : c’est le procédé d’écriture que le compositeur a appelé « forme cyclique ». La Symphonie de Franck est l’une des plus grandes réussites de la musique française romantique.

© Claudio Ricignuolo 2022